Placide est Musso.


Les bras m’en tombent. Un ami journaliste « culturel », un parfait imbécile prétentieux qui travaille dans un magazine littéraire que personne ne lit, insiste pour que je fatigue mes yeux à lire le dernier roman de Guillaume Musso. Rastignac n’a pas que ça à faire, tout de même. Passer du temps à lire les auteurs qui vendent des livres comme les boulangers des pains aux raisins, trop cuits et sans raisin. Rastignac aime la soupe, mais il préfère celle de sa grand-mère que celle en sachet. J’ai faim ou quoi ? Que viennent faire ces métaphores culinaires dans un texte sur la littérature ? Bref, je lis Parce que je t’aime. Enfin, quand je dis « je lis », j’exagère. Je me suis arrêté à la page 88, ce qui est déjà un exploit. C’est l’histoire d’une petite fille de 5 ans qui disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où on avait perdu sa trace.
Les grandes questions sont (dans l’ordre) :
-Où était cette chipie de Layla pendant cette période (la coquine) ?
-Avec qui ?
Et surtout :
Pourquoi est-elle revenue ?
La trame a l’air sympa comme ça, mais je sais Musso capable de terminer ses romans à la va-vite.Et puis, sacrebleu ! En exergue, le prof d’éco (oui, c’est son vrai métier) laisse un message au lecteur : « Pour préserver la surprise, ne révélez pas la fin de ce livre à vos amis ! » Vous vous imaginez, dans une conversation.
-Tu as lu le dernier Musso ?
-Non, j’ai hâte de le découvrir.
-Si tu veux, c’est très malin, cette histoire qui n’est en fait qu’une thérapie collective basée sur l’hypnose…
-Quoi ?
-Ben oui. Tu lis 270 pages, puis tu apprends que les aventures des 3 héros principaux du livre n’ont jamais eu lieu. C’était une séance d’hypnose, une sorte de jeu de rôle thérapeutique imaginé par un psy pour soigner 3 personnes venues réclamer son aide, un soir de Noël…
Oui, je sais, j’ai raconté la fin. Moi, quand on m’ordonne de ne pas faire quelque chose, je ressens une irrépressible envie de faire le contraire. Allez, ne soyez pas chagrin ! Je vous ai fait gagner trois heures de votre existence (temps approximatif pour lire un livre de cet auteur). Je sais que Guillaume Musso ne sera pas contrarié. Il est calme, zen et tout… il s’en moque de ce genre de critique. Il a déjà vendu plus de deux millions de livres et deux de ses romans sont en cours d’adaptation au cinéma. Selon mes informations, un autre brillant écrivain, Marc Lévy, ferait la gueule.
Dit-on.
Rastignac