Hélas....

Publié le par jeresiste

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Pris d’un d’effroyable spleen baudelairien, (je perds mon bronzage, je n’arrive pas à boucler mes articles, ma petite amie du moment me gonfle, j’ai mal aux dents, etc), je viens vous livrer  mes pensées  négatives du jour, rien que pour vous. En vrac :  Je n’ai pas accroché au Boulouque, la construction de son livre me pèse, le Foenkinos est gentillet, le Reinhardt confus, le Dantec trop long, le Adam sinistre, le Darrieussecq comme un pierre, donc rabattez vous sur l’excellent Claudel et le très bon Mazarine (je persiste et signe).

 

Venons en à Yasmina Reza. J’aime bien ce que fait Yasmina Reza. Ses pièces sont drôles, cruelles, fines. Que faut –il retenir de ce livre ?  Qu’apprend-on de notre président à part qu’il vient de se mettre les Bretons à dos ? (page 161)  Ne sait-on pas tout sur lui tant il excelle dans l’auto-médiatisation ? Page 44 : Sarkozy : « Si je n’existais pas, il faudrait m’inventer. » Yasmina  Reza aurait dû re-inventer Sarkozy,  car tel qu’elle le présente ici, avec une plume a la fois tranchante et dégoulinante de flagornerie, on s’emmerde. Ma consoeur Karine Papillaud décrit  tout cela très bien ici .

 

Le titre pour moi « L’Aube, le soir ou la nuit » résume parfaitement ce roman. Vous comprenez quelque chose à ce titre abscons ? Moi non plus. Vous comprenez quelque chose à ce livre ? Moi non plus. Car ce n’est pas un roman ; c’est une sorte de patchwork confus d’auto-fiction matinée de carnets de campagne ou de dialogues cisélés (là, on sent le style de la dramaturge). Yasmina Reza n’a pas su ni garder sa  distance avec Sarko, ni le rendre attachant ou intéressant. Du coup, elle hésite en permanence, et nous, largués, paumés, on ne ressent rien, on ne frémit pas, et on lit ça comme on lirait Pourri-Moche chez notre  toubib.

 

Mais on s’en fout de tout ça, n’est ce pas ? On se tape de avoir si Reza a réussi son coup ou non. On se tape de comprendre le pourquoi du comment de son projet intime certes intéressant, bien que raté.  Le livre est déjà  numéro 1 des ventes et écrase tous les autres en cette rentrée 2007, comme il y a quelques années avec La possibilité d’une île.  Bravo Flammarion, bien vu.

 

Moi, le seul truc qui m’amuse là dedans c’est que le fameux « G » à qui Yasmina Reza dédie le livre, et à qui elle s’adresse mystérieusement et de façon Angotique dans le bouquin, ce serait DSK. Enorme, non ?

 

 

Dorian Gray

Publié dans par Dorian Gray

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Karine Papillaud 02/09/2007 12:53

Point GBonjour Dorian et merci de me citer ;)Quant à G, j'ai décidé de croire qu'il s'agissait de l'allégorie du livre. Ce G est peut être le seul vrai personnage politique qu'elle a réussi à extirper du réel pour en faire un personnage littéraire. Elle a pu le créer de toutes pièces à partir d'un patchwork de socialistes, ou désigner une personne existante, ça ne change rien au fond. Et ça me plaît de penser qu'elle a dédicacé son texte... à un personnage de roman. Le Times a reconnu DSK. J'ai pensé à Jospin, lorsqu'il a fait son timide retour avant les primaires du PS.  Moi pas être experte non plus en la matière.

gant 2 velours 02/09/2007 01:38

Arielle, je t'aime. Enfin, j'aime surtout danser avec ta grand-mère, caresser ses hanches en écoutant son rire en cascade (mexicaine). Quant à vous, monsieur le Spleen de Paris, laissez tomber votre plume (et votre masque?), vos livres decevants et votre fiancée si peu palpitante, prenez un Di-antalvic pour soigner vos petites douleurs et rejoignez Charles. Bon sang que ça fait du bien !   "Que les fins de journées d'automne sont pénétrantes! Ah! pénétrantes jusqu'à la douleur! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l'intensité; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l'Infini."Dernière remarque (subtile ou presque) : quand vous voyez que le blog de Karine Papillaud a déjà traité d'un sujet, laissez tomber. Vous ne ferez pas mieux. Quand je pense à toutes ces choses divines que vous savez faire     (et que vous aimez faire, dit-on) , quel gâchis !Que la nuit vous soit douce… Arielle, on y retourne ?

Sophie 01/09/2007 22:52

Rien que parce que vous écrivez que le denrier Claudel est excellent, je vous aime Dorian!

auteur ptdr 31/08/2007 16:06

C'est, comment dire, un fake ça ou quoi ? Dites moi que c'est pas vrai merdeuuuh !C'est à mourir de rire et illustre parfaitement, comment dire, l'esprit et la futilité du microcosme. Tous les clichés sont là, mille mercis à l'auteur de ce, comment dire,  commentaire, il ne manque rien (ni personne) ! Trop fun comme ils disent les américains (c'est comme ça, hein?) Je l'invite avec enthousiasme dans ma villa de Sarcelles-lès-Gonesse pour fêter notre bonheur et, comment dire,  privilège d'être des people. Oui, la vie est merveilleuse. Amen.

Arielle 31/08/2007 14:31

Clémence Boulouque est une créature délicieuse, qu'avec Bernard-Henri nous aimons beaucoup. Quelle élégance naturelle, et quel goût ! Je me souviens de cet octobre 2005 où je m'étais précipitée dans la première boutique Céline pour me procurer le sac collector "la parisienne" qu'elle avait dessiné. A cause de Bernard-Henri nous étions à Los Angeles, leur seul exemplaire venait d'être vendu à Paris Hilton, j'étais tellement triste, tellement déprimée, la seule chose qui me permettait encore de me sentir vivante, c'était chanter. Des chansons gaies, françaises, sur lesquelles dansait ma grand-mère, ma grand-mère mexicaine que j'aimais tant. De retour à Paris, Christine m'a dit au Flore qu'il en restait deux rue Montaigne, j'étais sauvée. Hélas la vendeuse venait de les livrer rue de l'Arcade. C'est comme ça que j'ai fait mon disque devenu double disque d'or. Ma vie est merveilleuse. Un tourbillon. Quel dommage que je ne puisse avoir l'éternité.Clémence Boulouque est adorable. Bernard-Henri trouve que ce qui lui arrive au Figaro est scandaleux. Moi aussi. Depuis que j'ai lu Au pays des macarons, je sais où trouver les meilleurs pistache-gingembre de Paris. Cette jeune femme nous ait précieuse. Et quel humour! Avec Ariel Wizman, ils travaillent sur une comédie d'anticipation, j'espère que j'y aurai un rôle. J'adore jouer dans des comédies. Tout y est si gai, un peu comme ma grand-mère mexicaine qui adorait danser. Dans une brasserie de la place du Chatelet, ils se retrouvaient l'hiver dernier, ils riaient tellement en se lisant leur texte, je suis sûre que leur film sera désopilant. Il faut apporter du bonheur aux gens, c'est ce que je dis toujours à Bernard-Henri, ce qui leur manque aux gens, ce n'est pas plus de richesses, ce n'est pas plus d'amour, ce n'est pas plus de jeunesse, c'est juste le bonheur. Bernard-Henri me dit qu'un jour il publiera mes réflexions dans sa revue. J'en serais enchantée. Mais je ne sais pas si ce serait comment dire, les américains disent fun. Bien que nous soyons très amis avec Nikkos, mon époux s'est toujours refusé à venir donner des cours d'écriture au Château de la Star Academy. Je ne pourrai pas faire la promotion de ma publication ailleurs que chez PPDA, qui est un gentlemen, mais ne me permet pas de danser sur une chorégraphie de Kamel Ouali. Les chorégraphies de Kamel Ouali sont merveilleuses, comme ma vie. J'adore danser et chanter à la Star Academy. Je vais d'ailleurs demander à Clémence Boulouque si nous pourrions apprendre la grâce et l'élégance à ces jeunes, comment dire, les narbonnais disent cagole. Nous reprendrions en duo une chanson gaie, mexicaine, sur laquelle ces jeunes feraient les choeurs et les saltos arrières, nous pourrions danser en prime time et apporter aux gens le bonheur qui leur manque. Cette idée est merveilleuse. Je vais organiser un dîner dans notre villa à Marrakech pour fêter ça.