D'autres vérités sur le service de presse.

Publié le par jeresiste

hand-pen.gifDans sa note Service de presse, l’horrible vérité, Dorian m’a bien fait marrer (alors, qu’il peut être mortellement ennuyeux dans la réalité, quand il n'est pas bourré. Je dis ça, en toute amitié, vieux frère !). Il se demande notamment s’il faut que les écrivains se fassent «chier » (oui, c’est son terme !) à écrire des dédicaces sur leur nouvel ouvrage envoyé aux journalistes.
Dorian aime ça. Moi, je m’en tape pas mal. Mais je lis quand même par pure curiosité et pour flatter mon ego surdimensionné (donc, tu ne t’en tapes pas… seriez-vous en droit de me rétorquer dans les dents. Vous avez raison, c’est la première chose que je regarde quand je reçois un livre mais vous n’êtes pas obligés de me tutoyer !).
Savez-vous que certains auteurs échappent à cet exercice ? Notamment ceux qui ont la chance de ne pas vivre dans la capitale où ceux (moins nombreux) qui assument de ne pas mettre le quart d'un petit doigt de pied dans ce marché de dupe, cette scandaleuse connivence avec l’ennemi (le journaliste), voire dans ce que l’on peut considérer comme un truc ridicule qui met du grain à moudre dans cette pitoyable société du spectacle. Si, il y a des intègres.
Alors, la maison d’édition, soucieuse de ne point vexer les journalistes littéraires, glisse discrètement un carton avec cette jolie formule :
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C’est ce que j’ai reçu la semaine dernière dans le livre de Jacques A.Bertrand (pas encore lu mais qui me paraît fort jubilatoire étant donné le titre : J’aime pas les autres. Je sais, c’est peu pour juger mais c’est assez pour se dire : « je vais le lire »). Ceci dit, je ne me presse pas car je n’ai pas le droit d’écrire quoi que ce soit sur cet ouvrage avant une date bien précise. Oui, un deuxième carton, tout aussi poli, me le signifie :
 Scan10002.JPG
Voyez comme il y a bien des égards envers des gens comme nous. On nous remercie, on nous présente ses hommages. Bref, on nous ménage et c’est bien appréciable.
Quel beau métier nous faisons !

Rastignac

Publié dans par Rastignac

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jp 30/07/2007 20:02

juste une petite remarque en passant... Jacques A. Bertrand n'a pas pu faire toutes ses dédicaces parce qu'il est très malade ( lisez le début du livre, vous comprendrez) et que c'était physiquement très difficile pour lui - quant à l'éditeur de Julliard, je pense qu'il a pour l'instant d'autres chats à fouetter que de défendre ( s'il doit être défendu ) le pingeot - dans libé récemment, il y avait un encart annonçant le décès de sa femme, après trente ans d'union - avec un extrait très émouvant de...Jacques A. Bertrand. Certes, cela n'est pas très amusant mais parfois, la maladie et la mort sont plus fortes que la littérature

Seb 26/07/2007 14:32

Merci, Rastignac, pour ta réponse. En fait, je ne croyais rien de particulier, puisque, je le répète, ma question était très naïve. J'avoue néanmoins que ta réponse me rassure : ça met un peu d'air frais au milieu des billets gris et noirs que toi et tes acolytes anonymes écrivez ici. A force de vous lire (avec plaisir, quand même), j'en arrivais en effet à imaginer le St-Germain-des-Près littéraire plus dur que Cayenne et les livres sous la masse desquels vous ployez plus lourds qu'un boulet de  bagnard. Si tu arrives encore à lire par plaisir, tout n'est pas perdu. Tu auras peut-être même droit à une libération conditionnelle...

Rasti (gnac, gnac!) 26/07/2007 07:43

@Seb: Oui, il m'arrive (très souvent) de parler de livre que j'ai découvert, moi même, tout seul, en fouinant dans les librairies... Qu'est-ce que tu crois, Seb? Mine de rien, Dorian, Ripley et moi sommes des amoureux des livres et avons une curiosité insatiable. On ne se contente pas de ce qu'on nous impose.Nous sommes dans le système, certes, (on ne s'en cache pas ici, il me semble) mais nous avons ce point commun d'en détourner quelques règles, dans la mesure de nos moyens...Amitiés, cher ami.

Tatiana de R 25/07/2007 18:04

ah, ce petit carton ! Il m'a toujours amusée. :)

Fishturn 25/07/2007 15:43

Un journaliste littéraire ça veut des bisous pis après ça vient se plaindre que ce n'était pas spontané ?Rire.