Zone de (non) droits

Publié le par jeresiste

hand-pen.gif

 

Les droits d'auteurs, il y aurait tant à en dire (puisque si peu à compter). Ah oui, les droits d’auteurs, je vous en reparlerai, c’est sûr. J’aurais d’ailleurs du accoler un petit (1) explicite au titre de cette note, puisqu’il s’agira sans doute du premier épisode d’une longue saga…

Mais venons-en aux faits. Mes activités diverses me font rencontrer de nombreux auteurs. Et parmi eux, le cas des auteurs de beaux livres et livres pratiques m’interpelle particulièrement. Ainsi, tel galérien du genre me confiait récemment autour d'un café qu’on venait de lui proposer un mirifique contrat où les droits s’élevaient – accrochez-vous – à… 5% ! Vous avez bien lu ! Pourtant il ne s’agit pas d’un livre où les photos le dispute jalousement au texte. Non, non, non, 100% jus de clavier. Et pour sa peine, à lui l’auteur, qui commence à comprendre que dans cette machinerie il n’est décidément pas le premier des rouages, on lui offre princièrement, royalement 5%... « Juste le montant de la ristourne de la loi Lang », ai-je souri. Lui, je vous le promets, ça ne l’a pas fait sourire du tout. Il s’est un peu étranglé avec sa salive, l'air de penser "Mince, mais c'est qu'il a raison".

Quand vous saurez que les 5% en question s’appliquaient au prix d’un livre de poche (quelque chose comme 5 ou 6 €), vous aurez compris que le pauvre garçon ne touchera au final jamais un centime d’euro du fruit de son labeur, une fois déduit l'a valoir pharaonique de 1 500 € qui lui a été alloué.… Il faudrait qu’il dépasse allégrement les 10 à 12 000 exemplaires vendus pour grappiller quelques euros ce qui, en ces temps de récessions, constituent des scores inespérés, et peu souvent atteints. Le nom de l’éditeur qui osa le gratifier de la sorte ? Allez, lâchons-nous en disant qu’il appartient au giron d’Hachette. Mais, de crainte sans doute que mes persiflages ne viennent griller son si juteux accord, il s’empressa d’ajouter : « Mais tu sais ce ne sont pas les pires, hein, on m’a déjà proposé 4% et même une fois 3% ! ». Et dire que c’était censé me rassurer…
RIPLEY

anti_bug_fck anti_bug_fck

Publié dans par Ripley

Commenter cet article

Anne-Sophie 31/05/2007 10:50

Eh oui... Le très bon livre de Lahire, La Condition littéraire prend tout son sens : comment des écrivains peuvent-ils vivre de leur plume lorsqu'ils récoltent si peu du fruit de leur travail ?