Mal aux Rheims

Etant un gentleman, je ne ferai aucun commentaire sur la coiffure de Nathalie Rheims. Je viens d’avoir son attachée de stress (clin d’œil à mon Rastignac) au téléphone, et les nouvelles ne sont pas bonnes. Enfin, pour moi. Pour Madame Rheims, elles sont très bonnes, car début septembre, un nouveau roman fera son apparition. On en parle déjà, dans notre petit milieu littéraire, où tout n’est que fiels et hypocrisies. Les nouvelles ne sont pas bonnes pour moi. Pourquoi, vous demandez-vous ? Parce que, étant un type bien, un type honnête, j’ai promis de lire ce fameux roman qui va arriver très vite, qui, à l’instant même où je tape ces lignes, fébrile, devant mon Mac, est en train de s’acheminer vers moi, vers mon humble deux-pièces du côté de la Bastille, et moi, j’ai promis à l’attachée de stress que j’aime bien, même beaucoup, d’ailleurs, de lire la chose dare dare. L’angoisse m’étreint. Nathalie Rheims se veut depuis quelques romans aux mises en place pharaoniques (80 000 ex. mais les ventes suivent-elles ?) l’Amélie Nothomb du Gothique. Ses ongles sont à présents laqués noirs et elle susurre telle Mylène Farmer (qui va d’ailleurs jouer dans le fameux film dont vous lirez plus ICI). Mais pourquoi suis-je angoissé ? Rien que le titre de ce nouveau roman me remplit de terreur. Car du Gothique mortifère, l'auteure verse à présent dans l'amour sirupeux. Le titre donc : « Journal Intime ». Sur le site de Léo Scheer, son éditeur, on peut lire cette phrase tout aussi terrifiante : « Pour la première fois, Nathalie Rheims s’expose à travers l’histoire d’une passion dévastatrice. » Je dois donc me farcir un machin indigeste à la Angot, rehaussé d’une touche mielleuse à la Orban, et le pire, c’est que ce qu'elle raconte est sûrement vrai. (Fol espoir : Peut être qu’elle parlera de cul, à la Carrère ?) En attendant le livre, en attendant de savoir si je vais pouvoir l’ouvrir, le lire, et en parler, ma foi, je vais aller prendre deux cachets.
Dorian Gray